Dans ce cours offert, je vais t'expliquer comment écrire une bonne mélodie en utilisant une technique que j'ai inventée et que j'appelle la "Stratégie de la Sauterelle".
Je vais commencer par t'expliquer ce qui fait une mauvaise mélodie et ce que nous allons devoir faire pour éviter de créer des mélodies qui n'ont aucun sens ou qui ne te restent pas dans l'oreille.
Comment écrire une mauvaise mélodie ?
La méthode est assez simple : ce que tu dois faire pour écrire une mauvaise mélodie, c'est :
- soit jouer n'importe quelle note, dans n'importe quel sens, au piano, par exemple
- soit placer des points sur une portée sans que tu réfléchisses aux mouvements de la mélodie
Tu peux même ajouter des dièses et des bémols, comme bon te semble.
Ce que tu vas obtenir, c'est une mélodie dont les mouvements sont ascendants ou descendants, dans n'importe quel ordre, et dont les notes seront séparées de grands intervalles.
Je te donne un exemple où je joue complètement au hasard des notes ou piano, un peu comme si je voulais improviser, mais sans aucune connaissance de mélodie, d'harmonie ou même de vocabulaire.
Un peu comme un enfant de 3 ans.
Pourquoi est-ce que cette mélodie est-elle aussi mauvaise ?
En fait, elle est très difficile à retenir car très difficile à chanter.
Il y a beaucoup d'intervalles très grands et on n'arrive pas à trouver une cohérence entre toutes ces notes qui sont trop éloignées les unes des autres.
Pour améliorer notre mélodie, nous devons tout d'abord nous poser la question des intervalles entre les notes.
C'est en observant le déplacement d'une sauterelle que j'ai trouvé les 3 types d'intervalle entre deux notes.
Mais avant de te dévoiler ces 3 types d'intervalle, je vais commencer par les 2 types d'intervalle que l'on voit dans la plupart des méthodes.
L'intervalle conjoint et l'intervalle disjoint
J'évoque ces 2 grandes catégories, car ce sont celles dont on parle le plus souvent, mais tu verras que ce n'est pas assez précis.
Commençons tout d'abord par parler des intervalles les plus faciles à chanter.
Imagine que tu parviennes à chanter un do.
Quelle est la note suivante que tu vas devoir chanter, pour que ce soit le plus facile et que tu sois sûr de la chanter juste ?
Eh bien, encore une fois la note do !
En effet, si tu es capable de chanter une note juste, il n'est pas trop difficile de rechanter la même note.
Maintenant, si tu ne chantes pas exactement les mêmes notes, quelle autre note vas-tu chanter pour que tu sois sûr de la chanter juste ?
Par exemple, tu peux chanter un ré ou un si : si tu chantes do-ré, ou si tu chantes do-si, tu ne vas pas avoir trop de mal à chanter juste, car les notes sont très proches :
- de do à ré, tu as un Ton (la note blanche immédiatement à droite au piano)
- de do à si, tu as un Demi-Ton (la note blanche immédiatement à gauche au piano)
Quand on chante ou qu'on joue 2 notes qui suivent l'ordre des notes (do-ré-mi-fa-sol-la-si-do), on dit que ces 2 notes sont séparées d'un intervalle conjoint.
Par contre, si les 2 notes que tu joues ne suivent pas l'ordre des notes, on parle d'intervalle disjoint.
Exemples :
- do-mi est un intervalle disjoint
- do-fa en est un également (mais plus grand)
Le souci avec cette définition du mouvement disjoint, c'est qu'il n'est pas assez précis, car on ne ressent pas du tout la même chose si on passe de do à mi ou de do à fa.
Mais pour expliquer ce que je veux dire par ressenti, je vais maintenant te parler de la meilleure méthode pour écrire de bonnes mélodies.
La meilleure méthode pour écrire de bonnes mélodies
Ce que j'appelle une bonne mélodie, c'est une mélodie qui nous reste facilement en mémoire et que tu peux facilement chanter.
Nous avons vu que si tu joues des mouvements conjoints, alors la mélodie sera très facile à chanter et donc, sera facilement retenue.
Il faut donc privilégier les mouvements conjoints, mais on ne peut pas faire que ça, car sinon, tes mélodies ressembleraient à des morceaux de gamme que tu montes et que tu descends :
Tu dois donc intercaler de temps en temps des mouvements disjoints.
Oui, mais ce n'est pas du tout la même chose, d'insérer un petit ou un grand mouvement disjoint : plus le mouvement disjoint est grand, plus il est difficile de le chanter.
On dit souvent que lorsqu'un intervalle dépasse la quinte, l'intervalle devient difficile.
Et ce que l'on ressent, c'est un grand élan.
On utilise souvent des intervalles de sixte majeure, dans les chansons romantiques, pour évoquer l'amour que l'on ressent.
Ce que j'ai remarqué en étudiant des milliers de mélodies et en faisant moi-même des centaines d'essais, c'est qu'il est tout à fait possible de jouer des intervalles disjoints assez petits, même s'il y en a plusieurs, alors que lorsque l'on enchaîne des mouvements disjoints assez grands, même seulement 2 à la suite, cela devient vraiment difficile à chanter et les mélodies se retiennent difficilement.
C'est pourquoi je distingue 3 mouvements, qui sont les 3 types de déplacement de la sauterelle.
Les 3 types de déplacement de la sauterelle
La sauterelle se déplace de 3 manières différentes :
- le pas : quand la sauterelle marche
- le saut : c'est quand elle effectue un déplacement qui lui fait gagner quelques pas
- le bond : c'est un saut vraiment très impressionnant, car elle peut vraiment bondir pour rejoindre un endroit situé à plusieurs fois la longueur de son propre corps. Un peu comme si tu chaussais tes bottes de 7 lieux et que tu étais capable, d'un seul bond, de franchir une dizaine de mètres. Cela te ferait gagner énormément de temps !
Ces 3 déplacements correspondent exactement aux mouvements de mélodie que j'ai repéré dans les chansons populaires.
Ce que j'entends par chansons populaires, ce ne sont pas seulement des chansons enfantines, mais toutes les chansons qui ont parfois été écrites & composées il y a plusieurs décennies, voire plusieurs siècles, et que l'on fredonne toujours avec plaisir.
Voyons à présent les 3 types de déplacement de la sauterelle appliqués aux intervalles musicaux.
Les 3 types d'intervalle
Dans ma méthode, je distingue 3 types d'intervalles :
- le pas : on passe du note à l'autre en respectant l'ordre des notes
- le saut : on passe du note à l'autre en suivant l'ordre des notes, mais en sautant une seule note
- le bond : on passe d'une note à l'autre en suivant l'ordre des notes, mais en sautant par-dessus plusieurs notes
Voici un exemple de chaque type d'intervalle :
Enfin, voici la méthode que j'ai préconise pour écrire de bonnes mélodies.
La stratégie de la sauterelle
Pour écrire de bonnes mélodies, tu dois enchaîner des notes en franchissant des pas.
De temps en temps, tu te permets 1 ou 2 sauts et tu réserves les bonds uniquement pour les moments où tu souhaites que ta mélodie soit très expressive.
Il y a également quelques règles à respecter :
- si tu passes d'une note à la suivante par un saut, évite d'en mettre plus de 2 à la suite
- si tu passes d'une note à l'autre par un bond, fais suivre ce bond par un pas. L'idéal étant que :
- si le bond est ascendant, le pas doit ensuite être descendant
- à l'inverse, si le bond est descendant, le pas qui suit doit être ascendant
Ce ne sont pas des règles gravées dans le marbre, mais des principes qui te donneront toujours de bonnes mélodies.
La stratégie de la sauterelle en pratique
La stratégie de la sauterelle n'est pas la seule méthode qui va te permettre de créer de jolies mélodies, notamment si tu veux écrire une mélodie de chanson.
Si tu te contentes de la stratégie de la sauterelle et que tu changes d'idée plusieurs fois au cours d'un même morceau, il est fort probable que tes mélodies ne seront pas cohérentes.
Par exemple :
- si tu commences à écrire une mélodie sur les 2 premières mesures
- que tu écris une mélodie complètement différente sur les 2 mesures suivantes
- une mélodie encore différente sur les 2 mesures suivantes
- et encore une nouvelle mélodie sur les 2 dernières mesures d'un couplet de chanson
tu auras ainsi 4 mélodies complètement différentes sur les 8 mesures du couplet.
Même si tu utilises la stratégie de la sauterelle, ton morceau ne sera pas cohérent et sera difficile à retenir, difficile à chanter.
Mais avant de parler de concept pour organiser tes mélodies pour écrire un couplet ou un refrain, il faut d'abord que tu saches écrire de bonnes mélodies.
Donc, la stratégie de la sauterelle n'est pas la méthode ultime pour écrire de bonnes mélodies, mais c'est vraiment la base.
Si tu n'acquiers pas cette base et que tu te lances directement dans l'étude de l'harmonie (c'est-à-dire des liens entre les mélodies et les accords) et que tu te jettes à corps perdu dans l'écriture de mélodies sur plusieurs mesures, tu risques d'appliquer des concepts sans vraiment comprendre comment écrire de bonnes mélodies et tes morceaux ne seront jamais aussi bons que les modèles qui t'inspirent.
C'est pourquoi tu dois commencer par la base, à savoir être capable d'enchaîner des notes de manière cohérente, pour que les mélodies soient à la fois originales, faciles à chanter & faciles à retenir.
Te donner des bases solides, c'est tout l'enjeu de la stratégie de la sauterelle.
Ce qui est génial avec cette méthode, c'est que tu n'as pas besoin d'y passer des mois, ni même des semaines, pour devenir un bon compositeur : si tu te cales une après-midi en appliquant des principes simples et en t'inspirant de mes exemples, tu vas vite :
- comprendre la méthode
- comprendre ses applications
- inventer toi-même des mélodies inspirantes, que ton public retiendra facilement et qu'il aura plaisir à chanter
Tu vas être redirigé sur une vidéo qui te présente une méthode pour improviser librement à l'harmonica, car à la base, je l'avais créée pour mes élèves harmonicistes, mais elle est valable également pour les compositeurs.
La seule différence, c'est qu'au lieu d'improviser, tu prends un peu plus ton temps.
